28/10/2006

Les « gros mots » et la conjugaison gabrielesques

Je dois l’avouer, j’ai eu, jadis (jusqu’à au moins… cet été, en fait…) la fâcheuse habitude de ponctuer nombre de mes phrases par des « putain !» pas très élégants, il faut bien l’admettre. Le jour où j’ai entendu mon fils, qui est particulièrement doué pour copier mes tics de langage, les bons (« en fait », beaucoup d’adverbes, etc.) comme les mauvais (celui-ci, en l’occurrence), prononcer cet horrible mot, j’ai immédiatement et irrémédiablement gommé cet immonde expression de mon vocabulaire. C’est ainsi que mes phrases débordent désormais de « punaise ! », prononcés sur tous les tons possibles et imaginables. Et c’est ainsi aussi que mon Gabriel, quand il s’agace contre quelque chose ou contre quelqu’un (prenons au hasard sa petite sœur…), lâche des « c’est punaise, ça !! », qui me font vraiment bien rire…

 

 

 
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A part ça, Gabriel, je l’ai déjà écrit ici, a depuis plusieurs mois quelques soucis avec la grammaire française, notamment avec les verbes du 3ème groupe. Cela donne des conjugaisons souvent peu normatives, avec des « i », des « u » et des « a » qui ont tendance à se déplacer d’un verbe à l’autre, au gré de l’inspiration du moment. Hier soir, grand moment : Gabriel était resté nager dans la baignoire pendant que je séchais sa petite sœur, et il jouait avec la bonde d’évacuation de l’eau, dans laquelle il essayait de bloquer une balle. Bref, c’est comme ça qu’il a « ouvri » le bidule qui bloque l’évacuation, puis qu’il a « mettu » la balle dans le trou, et enfin qu’il a « tournu » le robinet pour voir si l’eau passait ou pas. Bel exploit linguistique, n'est-il pas?

 

PS: Papa Boulardon me signale alors que je publie cette note que la conjugaison de Gabriel est en fait nettement plus logique que la "vraie": je veux "viendre", par exemple, cela découle du futur: "viendras". Idem pour "tiendre". Idem aussi pour "mettu" et "tournu", bâtis sur le modèle de "venu", "voulu". "Ouvri", c'est logique aussi par rapport à "ouvrir" Du coup, j'ai remplacé "conjugaisons farfelues" par "conjugaisons peu normatives". Finalement, grandir, c'est peut-être perdre la logique de l'enfance...

 

 

27/10/2006

La forêt aux crocodiles - 2 (Violette et son écharpe)



26/10/2006

La forêt aux crocodiles - 1 (Gabriel fait un "pestacle")



 

22/10/2006

Coup d’œil artistique

Samedi après-midi. Après les grosses averses du début de l’après-midi, nous sortons tous les 4 visiter une exposition temporaire d’art moderne située dans un ancien couvent franciscain restauré avec beaucoup de goût, et qui présente l’avantage, vu le temps encore menaçant, de n’être pas très loin de la maison : le couvent des Cordeliers.

Il s’agit d’une expo de l’artiste Jean Messagier (au rez-de-chaussée) ainsi que d’autres artistes modernes (dans les « dortoirs »), plutôt locaux, je crois, qui lui ont été contemporains et dont les œuvres exposées sont présentes de manière permanente dans notre ville (même si je ne sais pas bien où...).

Au premier étage, nous faisons donc le tour de la salle, tandis que les deux loustics s’agitent et font pas mal de bruit.  En bas, ils s'étaient même fait remarquer par les gardiennes de la salle... De loin, j’aperçois un tableau qui m’est familier, et je demande à Franck Boulardon si cela lui dit quelque chose à lui aussi. Réponse négative. Je lui annonce alors que, sans m’en être approchée, je connais pourtant le titre (et la date!) de cette œuvre datée de 1970 : « Rouge, tout le temps bouge ». Devant son étonnement (je ne suis habituellement pas particulièrement calée en art moderne), je lui explique que cette œuvre est reproduite sur un de mes mugs, qui m’a été offert il y a quelques années par un ami, à cause de son titre (il devait d’ailleurs y avoir un message, mais lequel ?? « tout le temps bouge » ? non, décidément, je ne vois pas…), et dont il se sert très souvent pour avaler sa mixture du midi et du soir.

Quelques secondes plus tard, Gabriel, qui était en train de jouer avec sa sœur pendant notre conversation, s’approche à son tour de l’œuvre, et s’exclame : « oh, c’est comme le café de papa ! ». Echange de regards entre son père et moi, lui affirmant par la suite que son fils a intercepté notre conversation (on reconnaît bien là son caractère naturellement très optimiste et surtout très prompt à reconnaître les bons côtés de ses proches...), et moi étant intimement persuadée du contraire. Et on dit juste à Gaby qu’en effet, c’est bien la même toile qui est ici et à la maison...

Quelques minutes plus tard, alors que Gabriel fait une pause dans les toilettes du rez-de-chaussée, je lui demande s’il sait ce qu’est un mug. Il me répond par la négative. Et j’en conclus que j’avais raison, qu’il a bien reconnu la toile tout seul, sans avoir entendu ma remarque relative au mug. Je suis un peu scotchée, sur le coup, par son sens incroyable de l’observation. Depuis qu’il est tout petit, cette capacité qu’il a à observer les moindres détails de son entourage m’épate. C’est son père qui lui a légué ce don (quoique, cet après-midi, on pouvait en douter…) dont je suis personnellement totalement dépourvue, et je suis assez admirative de ce qu’il est capable de se remémorer. Surtout à à peine 4 ans… Bref, bien vu, mon Gaby !… 

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21/10/2006

Samedi matin en altitude

Maman est ravie que sa "mezzanine-cocon" soit enfin installée, mais il n'y a pas qu'elle, que cela rend heureuse :

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Dommage qu'elle n'ait pas franchement l'air d'accord pour qu'on y monte trop souvent...
C'est pas juste, quand même : un coin juste à notre taille... mais qui n'est pas pour nous!!... Dites, papy et mamie, vous venez nous en installer une dans notre chambre bientôt??...

 

17/10/2006

La Bulle Rose

La bulle Rose est une association Loi 1901 qui existe dans notre ville depuis une quinzaine d’années. Elle regroupe des mamans (voire même peut-être quelques papas même si, à part celui de Gabriel et de Violette, on n’en a vu aucun jusqu’ici… mais les papas travaillent sûrement tous, sans exception, le mercredi...) qui se retrouvent, nanties de leur marmaille, à des horaires précis les lundis, mercredis et vendredis après-midi dans un local adapté (en fait, une ancienne école maternelle). Ces mamans et papas accompagnent donc leurs enfants de moins de 6 ans, qui disposent dans ce lieu très lumineux d’une montagne très impressionnante de jeux divers et variés (cela va de la petite voiture taille " réelle " aux Playmos, trampoline, etc.), de livres, de matériel de bricolage, etc.

Le lieu est très agréable, les enfants y sont vraiment des rois. Nous y sommes déjà allés deux mercredis de suite et, si on écoutait Gabriel, on y camperait… La première fois, c’est moi qui les ai accompagnés, et j’ai eu la sensation de les lâcher dans un magasin de jouets, sauf qu’à la différence d’un magasin, ils avaient le droit de tout tester ! Je ne les ai pas vus pendant deux heures, ils ne savaient pas où donner de la tête ! Ils y sont retournés avec leur papa mercredi dernier, qui a trouvé que c’était un endroit très sympa pour bouquiner pendant que nos deux loulous vivaient leur vie, nettement plus reposant en tout cas que le parc où il fait tout le temps vérifier s’ils ne sont pas, soit blessés, soit carrément barrés. De temps en temps, il faut quand même les nourrir, vérifier s’ils ne sont pas en train de se battre entre eux ou avec d’autres lardons, voire même accompagner le Gaby aux toilettes, mais c’est vraiment le lieu idéal pour un mercredi après-midi où il fait un temps trop moche pour aller au parc. Ils bougent, jouent, et rentrent à la maison vers 18 heures près à prendre le bain sans broncher avant de s'effondrer, complètement nases, devant un DVD...

Bref, on est vraiment emballés par l’endroit. Moi, je suis ravie parce que j’ai pu parler avec une ou deux mamans, ce qui me manque souvent au quotidien. Comme c’est une association, je me suis engagée à ouvrir et fermer le lieu un lundi tous les deux mois (le lundi étant mon après-midi " temps partiel "), mais c’est vraiment une mince contrainte par rapport à ce que je trouve de positif dans ce lieu. J’espère maintenant qu’une fois passé l’effet de surprise face à la découverte de la caverne d’Ali Baba, mes deux zouzous vont se séparer un peu l’un de l’autre pour aller vers les autres. Parce que les jeux, c’est bien, mais trouver des copains et copines, c’est pas mal non plus...

Bref, vraiment ravie par la découverte de ce lieu, dont j’avais entendu parler il y a un certain temps déjà (le prospectus – rose, bien sûr -a traîné sur mon bureau toute l’année dernière, sans que je me décide à tenter le coup, mais il faut dire que ma Lolette était encore un peu petite pour ce genre de structures), et que je me suis enfin décidée à " tester " début octobre, encouragée par l’impression qu’en avait eue ma collègue-copine Françoise.

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Bon, au fait, on y retourne demain, hein, mon Gaby ? ?

15/10/2006

21 mois : elle ne parle pas, elle glisse…

Samedi 14 au matin. Violette a 21 mois aujourd’hui. J’ai lu dans la lettre Pampers que je reçois par e-mail tous les mois qu’il ne faut pas s’inquiéter si notre bébé de cet âge utilise des termes génériques pour désigner une famille de mots : « toutou » pour désigner tous les animaux, ou bien « camion » pour désigner tous les véhicules motorisés, par exemple. Euh, nous, Monsieur Pampers, je vous rassure, on est très loin des inquiétudes de ce genre : à 21 mois, notre Lolette adorée ne prononce en effet toujours que deux mots : « maman » (surtout quand elle a un besoin immédiat de quelque chose) et « moi » . Euh, quand tu veux, Violette, tu parles… Mais, comme l’a dit grande sœur Pauline hier après-midi : Violette n’est pas un bébé Pampers !!…

 

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Par contre, côté motricité, ça marche plutôt pas mal. Depuis hier matin, Violette descend en effet toute seule les escaliers de notre maison. Ayant décidé hier matin, donc, de monter seule au deuxième étage de la maison avec ses feutres et une feuille de dessin alors que j’étais occupée au premier, j’ai envoyé son frère derrière elle pour vérifier si elle ne redécorait pas la tapisserie de la chambre de son frère ou de sa sœur, et, quelques minutes plus tard, j’ai perçu, de loin,quelques bribes de phrases, du style : « et après, tu poses le pied ici, Violette ! ». Quand je suis arrivée au pied de l’escalier, j’ai découvert mon loulou et ma louloute, tous les deux hilares, assis sur une des marches du milieu de l’escalier, en train de les descendre sur les fesses, en chœur. Cela a tellement plu à Violette que, quelques minutes plus tard encore, alors que je la cherchais pour qu’on descende tous les trois au rez-de-chaussée, je me suis tout simplement rendu compte qu’elle avait anticipé le mouvement depuis un certain temps, et qu’elle était déjà en-bas, grâce à sa nouvelle méthode : « je fais de la luge dans l’escalier ». Bon, soit il va falloir que je fasse plus souvent la poussière sur les marches (peu probable), soit ma Lolette va se trimballer un fessier grisâtre pendant quelques semaines, le temps qu’elle passe de la position « assise » à la position verticale (nettement plus probable)…

14/10/2006

Revers de médaille

Jeudi 12 octobre 2006, toujours le matin. Alors que je tends à un Gabriel affalé devant les Zouzous son biberon matutinal, je lui fais la remarque que, cette fois-ci, comme c’est maman qui les a fermés, les bouchons des biberons sont de la bonne couleur (quand c’est papa qui s’y colle, une fois sur deux le bouchon jaune est sur le bib à dominante orange appartenant à Gaby et le orange sur celui de Violette, ce qui fait hurler notre Gaby très conservateur en la matière, et papa doit invariablement déboucher et reboucher les deux bibs qu’il vient de préparer, avec tout l’amour paternel dont il est capable à cette heure-là où il a quand même gravement la tête dans le pâté). Je sais, c’est mesquin, mais de temps en temps, cela m’arrive, ce genre de petites phrases minables…

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Bref, toujours est-il que, quelques minutes plus tard, alors que nous venons de nous garer sur le parking de l’école et que Gaby vient de descendre de la voiture, je lui enfile son K-Way par-dessus son gilet, et je bloque mon premier essai en lui disant que je pense que la manche du dit K-Way est à l’envers. Je vérifie, et en fait, non, rien n’est à l’envers. Je lui dis qu’en fait, non, je me suis trompée : tout est à sa place. Gaby me rétorque alors que, quand c’est maman, les bibs sont de la bonne couleur, et le K-Way est à l’endroit. Ironie ? J’imagine que oui. Bref, cassée, la mère… En grandissant, j’imagine que je vais m’en manger de plus en plus, des remarques comme ça. Papa Boulardon va donc être vengé par ses propres enfants de la mesquinerie ponctuelle dont peut faire preuve leur maman (et qu’au passage, elle n’hésite pas à avouer publiquement ici). Alors, rassuré, " Franck " ? ?

13/10/2006

Modèles en série

Jeudi 12 octobre 2006, au lever. J’enfile ses pantoufles à un Gaby qui d’ordinaire sait bien sûr le faire tout seul mais qui, ce matin, est tellement encore dans le brouillard qu’il se paye une petite régression. Attendrie, je lui annonce quand même, malgré cette régression passagère, qu’il a bien grandi, ces derniers temps, en lui montrant que le pyjama qu’il porte et qui date de l’hiver dernier est devenu un peu court au niveau des manches. Et j’ajoute, en le couvrant de bisous, cette phrase un peu bête de maman à peine réveillée et encore toute ramollie par le sommeil, que c’est incroyable que son papa et moi ayons fabriqué un si grand garçon.

Gabriel réfléchit, et me demande alors qui on a fabriqué en premier : Violette ou lui ? Je réponds que lui, mais qu’on n’a rien choisi, qu’on n’a jamais décidé d’avoir un petit garçon en premier ni une petite fille en deuxième, et aussi qu’on a beaucoup de chance d’avoir eu les deux dans cet ordre-là sans pouvoir choisir à l’avance (ce que je pense profondément).

Gabriel réfléchit encore un peu, et il me dit qu’on l’a fabriqué en premier pour qu’il soit " un exemple ". Je rigole sur le coup et j’ajoute, en gros, qu’avec les 5 bêtises à la minute qu’invente sa sœur, il peut en effet " faire le grand frère " (sous entendu montrer l’exemple) avec elle (ce qu’il ne fait d’ailleurs pas toujours, puisque dans la majorité des cas c’est en fait la petite qui entraîne le grand dans ses bêtises, ce qui est très bien comme ça, au passage…).

Avec le recul, je me dis que cette réflexion, qui a pourtant fait sourire son papa à moitié endormi, n’est peut-être pas si anodine que ça. Je ne veux pas qu’il se pense trop comme un " modèle " pour sa petite sœur, mon Gaby. A terme, cela peut devenir néfaste autant pour lui que pour elle. A méditer, donc, à l’avenir… En évitant donc désormais de continuer de lui conseiller trop souvent de jouer les " grands frères " trop sages, trop " exemplaires "…

12/10/2006

Vivent les grandes surfaces !

Mercredi matin. Papa est en formation, Gabriel et Violette passent donc la matinée avec maman. Après les activités quasi immuables d’un début de journée à la maison (Zouzous, jeux divers et variés, pliage puis étendage de lessive, habillage, un peu de lecture), nous sortons dans le quartier, équipés de K-Way pour braver la petite pluie qui tombe gentiment. Objectifs : la presse pour acheter Télérama, et le boucher pour la viande du tajine de ce soir.

Nous avançons doucement, au rythme des petits pas de Madame Lolette, et moi je n’ai de cesse de guetter le moindre geste de mes deux petits canards encapuchonnés, en flippant à l’idée qu’un des deux puisse s’échapper de ma surveillance - pourtant plus aiguisée que jamais - pour s’engager sur la route. Mais ils n’y pensent visiblement pas, puisqu’ils restent sagement sur le trottoir, qu’ils marchent, qu’ils font la course, et qu’ils ont globalement l’air heureux, sous leurs capuches. Du coup, moi, je le suis aussi…

Chez le " Monsieur de la presse ", je prends donc ma revue hebdomadaire, et, le temps que je paie, mes deux loustics se font enguirlander par le Monsieur en question : il leur a fallu une demi seconde à peine pour s’emparer de tubes de papier cadeaux, deux par enfant, un dans chaque main, tubes qu’ils ont eu l’idée géniale de taper contre le sol, ce qui les écrase inévitablement. D’où la colère de Monsieur Presse. Je m’excuse platement, et sors la tête basse, dans le plus pur style " je ne sais pas gérer mes enfants et en plus, ça se voit ! ".

Seconde étape : chez le boucher. Ils commencent par courir dans tous les sens entre l’étal et le mur (1 mètre 20 maxi de distance…), je me fâche (" non mais, vous avez vu comme je suis une mère respectée ? c’est pas avec moi que mes mioches taperaient sur le sol avec des rouleaux de papier cadeau… "), et ça se calme. Le boucher me coupe mes morceaux, je fais mon chèque, tout se déroule dans une atmosphère exceptionnellement calme. Sauf que… Quand je me retourne, mes deux enfants sont tous les deux faces contre le miroir, en train de lécher le dit miroir, sur lequel on trouve de magnifiques traces gluantes du type " escargots baveux ".

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Moralité ? Finalement, le petit commerce de proximité, ce n’est pas si cool que ça. Mercredi prochain, on va chez Carrouf. Là bas, avec un peu de chance, les bêtises de mes deux marmots s’oublieront plus vite… C'est plus grand...

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